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 « Le désir de dominer est une passion dévorante qui étouffe tout sentiment. » ▬ Dexter K. O'Lloyd

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Dexter K. O'Lloyd

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MessageSujet: « Le désir de dominer est une passion dévorante qui étouffe tout sentiment. » ▬ Dexter K. O'Lloyd   Mar 13 Nov - 16:32


O'Lloyd Dexter Kennedy






Âge : 19 ans.
Date & lieu de naissance : 28/11 ; New-York.
Origine : Américaine.
Orientation sexuel : Désorienté.
Famille : Une mère et un père, aisés.
Loisirs : Fumer, boire, écrire.
Groupe : Get out my way !




    Dexter est en tout point un personnage pour le moins complexe et c'est pour cette raison que je ne vais vous faire qu'une partielle partie de la description de son tempéramen. De plus, il est toujours plus agréable de voir son personnage évoluer et se découvrir d'autres traits de caractère au fil des Rp, non ?
    Entamons par ce qui nous touche tous : les apparences. Trompeuses, certes, mais qui ne sont pas non plus une illusion. Pendant longtemps Dex a cherché à se donner une très mauvaise image de son être, et il faut dire que c'est plus ou moins réussit. En effet, nous n'avons pas besoin de lui avoir adressé la parole pour comprendre quel aspect il dégage, il suffit que son regard froid et provocateur se lance sur vous pour vous dire qu'il ne vaut mieux pas venir le chercher.
    Au premier abord, il est quelqu'un de très glacial, méchant, désagréable, un type qui s'en fout de tout, égoïste par-dessus tout. Effectivement, il ne pense qu'à sa petite personne. Lui, lui, et encore lui. Les autres ne l'intéresse pas. Et sans doute qu'ils ne l'intéresseront jamais. Pourquoi cela ? Peut-être a-t-il une certaine haine pour l'espèce humaine et qu'il aime jouer avec ? Comme le ferait sans doute un misanthrope. Non il n'est pas misanthrope, du moins, pas en tout point, loin de là.. Mais vous expliquez ce qu'il ressent lorsqu'il est entouré de plusieurs personnes est assez complexe alors je ne me tarderais pas là-dessus.
    Dex est quelqu'un de violent, et qui ne contient pas sa force car il n'en voit pas l'intérêt. Il veut frapper, il frappe, sans aucune hésitation, et d'ailleurs, il ne fait aucune différence entre les filles et les garçons et est donc capable d'infliger autant de douleur à une demoiselle car un membre de la gente masculine. Oui, c'est ce qu'on appelle un salop de chez salop. D'ailleurs, il le revendique haut et fort et n'a aucune honte à l'être. Il aime faire mal, il aime faire souffrir. Sadique ? Sans doutes un peu je pense. Enfin un peu.. Un peu beaucoup ?

    Néanmoins, malgré ce que l'on peut penser en lisant tout cela, il n'est pas susceptible. C'est une personne de sang froid et d'apparence calme et mystérieuse. Mais gare à ne pas trop le chercher, c'est le seul conseil que je peux vous donner.

    Rares sont les fois où il vous fera découvrir des émotions. La seule qui dégage de son visage est la haine. Jamais l'on ne le verra pleurer, sourire, rire, être triste, heureux, timide, gêné... Rien de tout ça. Absolument rien ! Car derrière cette coquille de glace se trouve un garçon très émotif qui fait tout pour combattre ce qu'il juge comme un réel défaut. Déçu par la vie, son seul réconfort, il le trouve dans les drogues, ou l'alcool. On le verra souvent une cigarette ou d'autres choses illicites entre ses deux lèvres. Il faut bien mourir, alors autant de mourir de ce que l'on aime si j'puis dire. De plus, ajoutons qu'il est très vulgaire. Autant dans les gestes que dans la façon de parler. Ses phrases sont souvent accompagnées d'insultes ou que sais-je. Pour les gestes.. Oh eh bien je pense que vous savez bien de quoi je parle de toute façon, pas besoin de description pour ça.

    Cependant, les seules fois où vous pourrez voir ce Dexter « heureux » (hormis après avoir tiré un coup), c'est lorsqu'il se retrouve avec des chats. Il adore ces animaux et en est très sensible. Le calme de cette petite boule de poil, sa sagesse, sa souplesse, sa grâce, tout cela le rend admiratif envers ce félin innocent.

    Il déteste l'autorité. C'est sûrement pour cette raison qu'il est déscolarisé et vit dans un taudis. Il hait avoir tort, même si jamais il n'avouera cette caractéristique, car encore une fois il sera persuadé d'avoir raison, voici la forme de son narcissisme. Ce jeune homme n'est pas du genre à se jeter des fleurs sur son physique même s'il a toutes les raisons pour. En effet, qui n'a jamais rêvé d'avoir un visage doux et presque féminin ? Il faut dire que les traits de notre adolescent sont aussi ceux... D'une adolescente. Dexter n'a pas beaucoup de joue, ce n'est pas pour autant que son visage est osseux, au contraire, il est en tout point semblable à une poupée. Sa peau, quant à elle, est plutôt pâle et maladive. Elle n'a pas toujours été ainsi, monsieur bronzait facilement avant de sombrer dans la décadence. Des cheveux blonds souvent en pagaille, mi-longs qui plus est qui viennent souvent s'interposer devant ses yeux bleus à l'allure malsaine et vile bien qu'il lui arrive de les attacher d'un côté pour ne pas être gêné. Son style vestimentaire, lui, s'approche de son caractère de rebelle. Jean troué, t-shirt en sale état, veste en cuir, rangers, spikes, piercings sur les oreilles. Parallèlement à cet accoutrement peut-être impressionnant, il n'en est pas de même pour sa carrure. En effet, Dexter est fin comme un légume et n'a absolument pas de muscle, ce qui peut renforcer sa féminité qui est aussi un de ses plus gros complexes. Pas bien grand non plus, notre bel Américain ne dépasse pas le mètre soixante-quinze même si le tout reste dans le raisonnable.












CHAPITRE I ▬ Le passé, c'est la seule réalité humaine. Tout ce qui est, est passé.

    Avant toutes choses, je pense que pour comprendre l'intégralité de qui je suis, il me semble important de vous faire part tout d'abord de tout ce qu'il s'est passé avant ma naissance. Comment mes parents se sont rencontrés, le commencement entre autre.

    C'était un jour d'automne, non loin du mois de novembre, à Venise. Cette magnifique ville sur l'eau. Aaah Venise, son ambiance romantique typiquement à l'italienne, ses petits quais paisibles inspirant un calme sans fin, des rues sombres éclairées par quelques lumières au dessus des maisons, quel lieu n'est-il pas plus magique que Venise pour s'y rencontrer ?
    Une femme marchait sur les pavés au bord de l'eau, elle était mince, svelte. Vêtue d'une petite robe noire de soirée, de haut talons aiguilles allongeant d'avantage sa silhouette de guêpe, un long manteau en fausse fourrure de panthère, une chevelure longue aux teintes noisettes et rousses, un maquillage juste sublime et sans défauts mettant en valeur ses grands yeux jaunes, un visage doux et ovale, une peau de porcelaine, des lèvres pulpeuses et d'un rouge sanglant, le regard charmeur, une forte poitrine malgré sa taille de guêpe, des formes là où il faut, il n'y a pas à dire, voici le type même de la femme parfaite aux yeux de nombreux hommes. Voici Clara Elisabeth Allen, jeune mannequin et actrice de tout juste vingt-six ans. C'était une femme semblant aussi calme que la ville l'était à cette heure-ci, c'est à dire vingt-trois heures. Si elle s'était rendue à Venise, c'était pour un entretien avec un photographe afin d'avoir de prochaine photo pour le magazine qu'elle tente de lancer en Amérique, chez elle, plus exactement à Chicago. Suite à cet entretien, pourquoi ne pas faire un tour sur les quais de la ville la plus romantique du monde, oubliant le long trajet d'avion qu'elle aurait à parcourir demain pour enfin retourner chez elle ?

    « N'est-il pas dangereux pour une femme d'une beauté telle que la vôtre de se balader seule à une heure si tardive ? »

    Clara se retourna alors soudainement, l'air serein quoi qu'un peu froissé par la remarque de son interlocuteur. Elle regarde celui-ci de haut un bas. Un bel homme, la trentaine, un air un peu italien mais qui étrangement venait de parler anglais, sa langue à elle. Environ un mètre quatre-vingt-cinq, l'air doux, une barbe de trois jours, des cheveux bruns relevés vers l'arrière, dégageant son petit front, un nez légèrement cornu et de fines lèvres, des yeux noisettes en amande, presque bridés, un visage dont les mâchoires avaient une forme légèrement carré. 

    « Monsieur, permettez-moi de vous dire que je vous emmerde. »

    Oui, Clara était une personne assez vulgaire et sans gêne. Elle ne supportait pas la drague, apeurée par ce qu'est l'amour en fait.
    L'homme qui se dressait devant elle s'approcha à petit pas vers la demoiselle. Lui, c'était Dolan O'Lloyd, New-Yorkais, psychologue. 

    « Voilà une réponse pleine de … Grâce ? Haha vous m'épatez, je ne m'y attendais pas à vrai dire. Je m'attendais plus à ce que vous soyez une catin qui attendait son rendez-vous et qui n'aurait pas eu le courage de m'envoyer sur les roses mais de me proposer une nuit de folie ! »

    Dolan souria à sa propre remarque, s'amusant à regarder le visage furieux sur la bouille d'ange de la jeune femme.

    « Non mais pour qui vous vous prenez ?! »
    « Pour Dolan O'Lloyd, je suis psychologue et je suis ravie de faire votre connaissance mademoiselle.. » 

    Elle resta dubitative, choquée par un tel culot.

    « Voyons, ne vous énervez pas, je vous taquine. Votre nom ? »

    Clara se retourna continuant à marcher. L'on pouvait entendre résonner ses talons sur les pavés, marchant en balançant ses hanches de droites à gauches, un pied devant l'autre. Cependant, elle s'arrêta net lorsqu'elle remarqua que ce Dolan la suivait.

    « J'appelle la police si vous ne dégagez pas, espèce de pauvre con ! »

    Alors il s'arrêta, soupirant.

    « Je veux juste savoir votre nom. »
    « Clara.. »
    « Clara comment ? »
    « Allen. »
    « Eh bien, sachez que vous êtes la plus belle femme que j'ai jamais rencontré, Clara Allen. Sur ce, bonne soirée. »

    Les pommettes de notre mannequin devinrent d'un rouge écarlate, son cœur battait à la chamade étrangement... Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais cet homme lui fit un grand effet... Un étrange effet.
    Puis Dolan se retourna à son tour avant de reprendre la direction opposé. Elle fit un pas en sa direction, s'arrêtant une nouvelle fois et lui dit vivement :

    « A... Attendez ! Restez... Enfin... »

    Et c'est comme ça que l'amour entre un homme et une femme vit le jour. C'était une première rencontre assez étrange, mais qui était très symbolique pour tous les deux.
    Le lendemain, Clara devint retourner chez elle dans le Illinois, mais elle tint à garder contact avec la personne pour qui son cœur battait. 
    Ainsi il se redonnèrent rendez-vous, soit à New-York, soit à Chicago. Leur amour grandissait, ils s'aimaient plus que tout. Un amour presque indestructible par lequel naquit un grand mariage, une maison en commun dans une riche banlieue New-Yorkaise, mais un événement vint tout changer pour eux : ma naissance. Moi, Dexter O'Lloyd.

    CHAPITRE II ▬ Il n'y a aucun remède contre la naissance et la mort, sinon de profiter de la période qui les sépare.
    « Félicitations, c'est un beau garçon ! »

    S'exclama la grosse dame noire à la tenue d'infirmière qui portait un poupon près de son ventre généreux, avant de le déposer sur le ventre d'une belle jeune femme aux joues aussi rouges que ses yeux, qui pleuraient de douleur et de joie. À son tour, elle venait de donner la vie. Donner la vie à un petit garçon. J'avais surgis des cuisses de ma mère un 28 novembre, à la fin de la matinée, sous le beau soleil de midi faisant fondre les quelques flocons de neige qui s'étaient déposés sur le sol pendant la nuit.
    Ma mère me regardait tendrement tandis que moi je ne me rendais compte de rien, j'avais l'impression d'être sur un doux nuage de draps blancs, dans les bras d'un ange. Je sentis une main traverser mon front, celle de mon père. Je n'avais pas la force d'ouvrir les yeux, fatigué par l'épreuve que je venais de surmonter. Mais d'après ce que l'on m'a raconté, mon père eut pleuré de joie pour la première fois de sa vie. 

    « Alors, quel sera son nom à ce joli bébé ? »

    Répliqua la dame, aussi émue que mes propres parents.

    « Allan ! »
    « Owen ! »

    Les deux adultes se fusillèrent du regard, le sang de la mère bouillonna, du moins c'est que l'on déduit lorsqu'elle fit un visage grimaçant à son mari, me gardant jalousement dans mes bras. 

    « On avait dit Allan, bordel ! »
    « Mais c'est d'la merde! »
    « OUI EN EFFET, Owen c'est d'la merde ! »

    Oui, mes parents s'aimaient, mais ils avaient tous les deux des goûts bien opposés. Ma mère aimait plaire, rencontrer de nouvelles personnes, faire la fête, boire, fumer, écouter de la musique Pop à fond. D'une certaine façon, elle est restée une adolescente assez insouciante, qui tiens à profiter de la vie jusqu'au dernier instant. Mon père lui, tout comme elle très susceptible, était cependant une personne posé, un peu solitaire mais qui s'était vite fait à la vie de couple. Il aimait le classique, les choses simples entre autre.

    Au final, malgré cette courte dispute sur mon prénom, ils n'eurent pas trouver de suite comment me nommer, alors, tout aussi cons qu'ils sont, ils ont demandé à la grosse dame noire de me donner un nom. Dexter Kennedy. Qui leur convint tout à fait. 
    Vous y croyez vous, que c'est une pauvre infirmière qui vous donnes votre prénom parce que vos parents sont pas foutus de le faire, c'est dingue non ?

    ▬ 8 ans plus tard

    Contrairement à ce que vous pouvez penser, je n'ai pas eu une enfance difficile. Et comme les trois quart des personnes que j'ai pû 'voir', aucun de mes proches n'est décédé. J'ai vécu dans des conditions tout à fait banales, normales. Fils unique, je ne me suis jamais plein d'être seul. Non, j'étais heureux d'avoir été le centre de l'attention des parents, qui cédaient à chacun de mes petits caprices de gosse de riche même s'ils n'en restaient pas moins des bons parents. J'allais à l'école, comme tout le monde. Rien d'extraordinaire en soit.

    Mais je me souviendrais toujours de ce soir où je rentrais de l'école, tout enjoué de montrer à ma mère mon bulletin trimestriel, aussi fier que j'étais. Mais en rentrant je voyais encore mes parents se disputer sans que j'en comprenne la raison.
    Je partis me réfugier dans ma chambre à jouer à la console, comme beaucoup de petit garçon de mon âge. Maman et Papa se criaient dessus souvent pour tout et pour rien, c'était limite devenu tellement habituel que les voisins ne s'en étonnent même pas, mais ils s'aimaient, et c'était plus fort que tout, je crois.

    « Dex ? »

    Ma mère pénétra dans ma chambre alors, s'avançant vers mon lit pour s'asseoir près de moi et poser sa belle et grande main toute fine sur mon genoux, sali par de petites blessures. Il faut dire que très jeune j'étais un garçon assez casse-cou.
    Elle me regardait, m'adressant un sourire, presque inexistant.

    « Tu sais, maman travaille beaucoup, et je vais devoir encore plus travailler ? »
    « Mh mh. »

    Fis-je presque indifférent à ma mère. J'avais tellement l'habitude de son absence, elle était souvent chez des photographes ou sur des tournages de films où elle se retrouve en personnage secondaire. 

    « Nous allons devoir déménager.. »
    « Brooklyn ? San Francisco ? Ou tu retournes vivre à Chicago ? »
    « Au Japon. »

    Mon cœur se mit alors à battre à vivre allure, je sentais de nombreux picotements dans ma gorge, mon estomac se serrait et j'avais envie de pleurer, mais les larmes ne tombaient pas. Comment ça partir ? Partir en Asie ? Abandonner la parfaite vie américaine ? C'est comme ça que je su que le cauchemar de ma vie allait commencer.

    Ma mère avait reçu une promotion ainsi qu'un rôle principal dans un film dont le tournage se déroulait au Japon. Pendant plusieurs années, mes parents me forcèrent à apprendre la langue jusqu'à ce que j'en connaisse les bases pour pouvoir vivre au pays du soleil levant. Bon élève, j'enregistrais tout malgré moi. Je refusais d'y aller, laisser ma magnifique vie de gosse derrière. Enfin... Que peut faire un gosse de 8 ans face à ses parents ? Il ne peut que se soumettre. Mes parents eux aussi commençaient à maîtriser le japonais, et c'est ainsi que la décision du déménagement fut officielle lorsque mon père eu possession d'un nouveau cabinet non loin de la ville de Kyoto, dans un petit village coupé du monde.

    Ma vie allait virer à un véritable enfer, chose encore que j'ignorais à l'époque mais que je doutais au fond de moi.

    CHAPITRE III ▬ L'enfance sait ce qu'elle veut. Elle veut sortir de l'enfance.

    Je crois que c'était à l'année de mes 14 ans que la situation empirait peu à peu, qu'elle me dévorait à chaque instant. Voilà plus de 4 ans maintenant que nous nous étions installés dans un petit village voisin à Kyoto. Ma mère réussissait très bien sa vie, et comme depuis que je suis né, elle passait le plus clair de son temps éloignée de mon père et moi. D'ailleurs, papa, lui, avait eu beaucoup de mal à se faire au pays, à se voir aider des gens dans un lieu dans lequel il n'avait plus aucune marque malgré son fidèle bureau de bois qui, lui, ne l'avait pas quitté depuis notre départ des Etats-Unis.
    Étrangement, ma mère ne me manquait pas. Elle rentrait une fois sur deux, tous les deux jours, et était si fatiguée qu'elle passait la soirée avec mon père au restaurant ou alors à lire dans sa chambre, parfois à discuter avec mon père. Rare était les fois où j'ai pu partager un bon moment avec elle, des moments entre mère et fils.
    Mais comme toujours, elle continuait de me gâter, cependant, le seul caprice auquel elle ne céda pas était lorsque je lui ai demandé à ce qu'on retourne à New-York.

    _

    J'avançais doucement vers chez moi, trainant l'une de mes jambes sur le graver, tenant mon coude gauche, tremblotant de tout mon corps, la tête basse, mes cheveux blonds recouvrant mon visage plein de terre et d'herbes, chemise déchiré, short sale, bref, j'étais dans un sale état. L'air était humide, on sentait que l'orage allez se rapprocher. C'était le milieu de l'été, je revenais de l'école à pied comme à mon habitude, après avoir fait deux longs et interminables kilomètres sur des petits sentiers entourés de champs et de maisonnettes campagnardes, de personnes âgés qui me dévisageaient mais que j'ignorais du plus haut point. Le ciel était gris, cachant la lueur d'un soleil de juillet. Un soleil qui avait tapé sur mon épiderme toute la journée jusqu'à en laisser une trace rouge et vive sur mon nez que je n'osais guère toucher pour ne pas ressentir l'horrible douleur d'un coup de soleil.

    J'avais traversé alors le seuil de mon chez moi, la tête toujours aussi basse et le regard presque déçu. Ma mère alors, rentrée étrangement plus tôt de son travail, se précipita vers moi pour m'enlacer, mais fut coupée dans son élan en voyant ma sale frimousse. Maman s'accroupit alors près de moi et posa ses fines mains de porcelaine sur mes épaules, stoppant mes multiples tremblements.

    « Eh bien mon bébé, que s'est-il passé ? Tu es tombé ? »
    « Qu'est-ce que ça peut te foutre. »

    Lui lançais-je avant de m'empresser en courant vers l'étage, m'enfermant par la suite dans ma chambre en claquant la porte avec peu de douceur. Je m'élançais vers mon lit et relâcha tout le poids de mon corps sur le matelas, emmitouflant toute ma tête dans les draps, dissimulant quelques pleurs de garçonnet bouleversé. J'entendis alors des pas s'approcher de moi, laissant craquer le parquet. Je n'entendais pas les talons de ma mère, alors je savais de suite qu'il s'agissait de mon cher et attentif père. Celui-ci prit place à mes côtés et me caressa le long de la colonne vertébrale. Lâche comme je suis, je restais allongé, sans oser le regarder, marmonnant :

    « Laisses moiiii.. »
    « Dex. »
    « C'moi. »
    « Maman s'inquiète... Qu'est-ce qu'il y a mon fiston ? »

    De manière brusque je me redressa à l'aide de mes avant-bras, me retournant vers mon père, un regard sans doute hargneux vu avec quelle domination il me fixait, s'apprêtant sans doute à me dire de me calmer avant que je ne puisse dire quoi que ce soit. Mais je ne lui laissa pas entamer ses mots que je le coupa dans son élan, disant d'un ton grave et énervé, voir même désespéré :

    « Y a que j'en ai marre de vivre dans ce pays de merde ! Je me suis encore battu ! Et tu sais pourquoi ? Parce qu'on m'a insulté de gosse de riche, pourri gâté, parce qu'eux n'ont rien à part l'amour de leur parent ! Que j'étais bon qu'à faire le fier et que j'avais qu'à retourner à New-York qu'ils en seraient contents, que ça ferait déjà un boulet d'américain de moins dans leur pays ! J'en ai marre de TOUT prendre à cause de VOUS ! »

    C'était entre autre mon quotidien, effectivement. 
    Je me faisais souvent lyncher par mes camarades de classes aussi idiots les uns que les autres. Je n'en pouvais plus. Je n'en pouvais plus d'être la seule personne rejeté dans mon collège. Pourquoi moi ? Parce que j'ai pas les yeux bridés et noir ? La peau pas assez pâlichonne pour eux ? Que j'suis plus grand que la moyenne ou tout simplement parce que je leur fait peur ?

    Mon père comprenait ma haine, mais me répétait de rester pacifique car un jour, je serais reconnu, et on m'aimera pour ce que je suis et ce que je fais. Depuis tout petit je rêve d'être médecin. Car oui, malgré le fait que j'étais bien capricieux, j'avais ce but bien précis en tête. Mon père m'y avait peut-être incité aussi, mais je ne m'en rendais pas compte. Ma mère m'aurait vu comme artiste, musicien, quelque chose dans ce genre mais j'avais décidé de suivre la voie qui me convenait le plus : la médecine. J'avais envie d'aider, d'être utile. J'avais peur du domaine artistique vu l'effet qu'il fit à ma mère toutes ces années..

    Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point il est difficile de quitter sa terre natale, pour aller vivre dans un pays qui est totalement inconnu à votre insu, que vous avez dû y apprendre la langue et les coutumes en même pas deux ans tout ça pour le fric de votre mère.

    Âgé alors de 14 ans, je ne pu rien faire, je me sentais encore si faible sans la présence paternelle ou maternelle. Néanmoins, lorsque j'atteignis l'année de mes 16 ans, j'avais pris mon courage à deux mains et j'eus sans doute fait la pire connerie de ma vie.

    Une nuit d'avril, le sac à dos en main, vêtu de vêtements rouges et noirs, je descendais l'escalier alors à petits pas de loup, veillant à ne pas réveiller mes parents. Je lançais un dernier regard au hall d'entrée que j'étais certain de ne pas revoir avant longtemps, voir jamais, du moins, je l'espérais. Il fut temps pour moi de prendre mon envol, quelles qu'en soient les conséquences. Rien à foutre des autres, de mes rêves, de mes parents, de mes projets, de ma vie. Tout ce qui comptait, c'était le présent, et c'était pas dans ce village éloigné de la société que j'allais le vivre, ce présent.
    Lorsque je fus devant la porte d'entrée, que je posa ma main sur la poignée métallique, une petite voix tremblante s'échappa dans les ténèbres qui se dressaient derrière moi.

    « ... Que fais-tu... ? »

    Ma gorge se serra, surpris alors par la présence de ma mère. Je me retourna sur moi-même, admirant celle qui m'a mit au monde. Elle avait les bras ballants, les yeux rouges, vêtue d'une robe de nuit noire faisant ressortir la pâleur de sa peau, ses longs cheveux en batailles cachant l'un de ses yeux, je la voyais à la limite des larmes. Malgré les années passées, malgré le fait qu'elle soit mariée, malgré le fait qu'elle ait un grand garçon à présent, elle était rester une belle et jeune adolescente dans sa tête, même si son physique laissait à croire qu'elle avait encore la vingtaine, tandis que des cernes commençaient à se manifester sous ses yeux jaunes et pétillants.

    « J'me tire. »

    Lui lançais-je froidement, presque sans sentiments. Elle haletait, je l'entendais même si elle était à deux mètres de moi et la porte. Tapit dans l'ombre, elle n'osait guère s'avancer vers moi, restant là, à me regarder, pleurant telle une enfant.

    « Non... Pourquoi fais-tu ça ? … Je refuse... Et tu dois m'obéir, je suis ta mère voyons ! »

    S'exclama la jeune femme. Celle-ci commençait alors à se précipiter vers moi, cherchant à me retenir par le bras, oubliant presque que j'étais largement plus grand qu'elle et bien plus puissant. Je la repoussais, plaquant son dos contre le mur, bousculant l'un des tableaux, sa gorge retenue par mon avant bras. Elle se débattait tant qu'elle le pouvait, mais mes bras était bien plus fort que les siens, et finit par se faire une raison, tentant de se calmer en essayant de trouver une échappatoire à mon emprise.

    « Bordel, mais tu te rends pas compte ?! Tu te rends compte que je vis un vrai Enfer ici ?! Je supporte pas ce pays, je le hais, je le méprise, tout comme chacun de ces habitants qui passent son temps à se foutre de ma gueule ! Et d'ailleurs, j'en ai ras le cul qu'on se foute de ma gueule, ras le cul de me battre... De me battre pour vous ! Si on est ici c'était pour que tu gagnes du fric, et tu l'as eue, mais dans ta connerie d'égoïsme, t'en as oublier son fils ! Oui, j'suis censé te rappeler que JE suis ton fils, celui que TU as mis au monde avec TON amour ?! J'ai fais de mon mieux pour pas vous décevoir et j'en attendais autant de toi et papa. Papa, je n'ai jamais eu rien à lui reprocher, mais toi, t'étais jamais là, alors des choses à redire, j'en ai, t'inquiètes pas pour ça !!
    En tout cas, amuses-toi bien à faire ta salope dans les bars avec tes collègues dans les bars et les discothèque après tes tournages et j'espère pour toi que tu vas t'en mordre les doigts, que tu vas regretter de m'avoir fait vivre tout cela, que t'en auras même envie de t'ouvrir les veines ou de finir au bout d'une corde !
     
    »

    Je lui avais cracher au visage après mon long discours. J'avais résumé ce que j'avais vécu au Japon en quelques mots. Puis mon bras se retira, laissant tomber ma mère sur le sol, tremblante de partout, semblant être comme un cadavre encore en vie.
    Je ne me préoccupais plus d'elle, et quitta la maison, avec de lourds regrets. Ma mère ne me suivait plus, elle n'avait pas bouger du hall d'entrée je suppose, lâche comme elle est. Pourtant, après avoir marché une centaine de mètre dans cette profonde et sombre nuit, éclairée par quelques lampadaires près de la petite route, des dizaines de larmes parcouraient mon visage. De la peine, des regrets, de la peur, tout ça mélangé en même temps me détruisait. Dès lors, je savais que ma vie allait changer, pas forcément dans le bon côté du terme, mais ça ne pouvait pas être pire que si je restais dans cette maison chez mes parents....

    J'étais triste, abandonné, seul, mais tout cela de mon plein gré et je n'avais plus qu'à faire face au présent et au futur, effaçant un passé qui me semblait déjà si loin...

    CHAPITRE IV ▬ Fuguer est le contraire d'un suicide : on part pour vivre.

    Quand on se rend compte que sa propre vie est en enchaînement de malheur à l'intérieur de soi-même, il y a deux solutions pour y revenir : se donner la mort, ou alors changer d'air. J'avais opté tout d'abord pour la première option. 
    Après une longue nuit de marche, je cherchais désespérément, sans aucun espoir, à rejoindre un aéroport non loin de Kyoto. Mais sans carte, sans un pauvre petit guide, j'étais assez mal.
    J'essayais d'effacer cette dure réalité de ma tête et je continuais à marcher sans fin, jusqu'à un avion qui me ramènerai à New York. Je n'avais pas d'argent, alors j'avais volé ce qu'il se trouvait dans le porte monnaie de mes parents pour m'assurer une certaine survie ne serait-ce que pendant quelques jours. Je me fichais bien de savoir s'ils avaient avertis la police pour me ramener ou non, de toute manière, je ne reviendrais, c'est certain... Même si je dois assurer ma liberté par la force, je le ferais.

    J'eus beau marcher pendant des jours et des nuits, traversés villes et villages, je n'eus jamais trouvé un seul aéroport, ou du moins, je me trompais de chemin les trois quart du temps.
    Le voyage était long, sans fin, désespérant. J'en avais plus que marre, alors toute les heures je m'arrêtai au bord de la route, caché derrière des buissons à l'abri des regards, sortant un couteau de ma poche, posant la lame sur mon poignet et commençait à doucement l'appuyer sur celui-ci et trancher l'épiderme. Néanmoins, j'étais trop faible et trop peureux encore pour aller plus loin qu'à faire des petites et vulgaires traces de scarification, mais cette certaine douleur me faisait un plus grand bien. Et cette mutilation fut ma drogue durant un bon bout de temps.

    Un beau jour, j'eus décidé de m'arrêter là, dans la ville de Seika, me résignant à l'idée que j'étais prisonnier du Japon. Je dormais dehors, je vivais dehors. On ne me portait aucune attention, j'étais un SDF pas plus intéressant qu'un autre de toute manière. 
    Le béton était inconfortable, j'en avais de forte douleur au dos. J'avais faim, et j'avais déjà dépensé une grande partie de l'argent de mes parents et il m'en restait à peine pour avoir de quoi me nourrir.

    Je me souviendrais toujours de cette soirée qui changea tout mon être. J'étais assis dans un coin de rue, sous une averse avec un orage qui grondait de plus en plus fort. La rue était agitée, beaucoup de voitures et taxis y passait mais rares furent les passants. De ce fait, j'en avais profité pour encore et encore m'ouvrir les veines, histoire d'avoir de quoi m'occuper. Il commençait à faire nuit, et la ville tombaient dans de couleurs froides, la pluie rendant une atmosphère triste et nostalgique.

    « Si tu veux crever mec, j'te conseille d'y aller plus profond, ça, ce sont les gonzesses qui y vont aussi molo. »

    Je releva alors ma tête, et aperçut un homme, un peu plus de la trentaine d'année, la peau légèrement foncé, de petits yeux en amande d'un brun très clair, les cheveux châtains, plutôt longs et en bataille dont quelques mèches recouvrai une partie de son visage mais il avait attaché par un élastique par derrière la masse qu'il restait, un visage très ovale et symétrique, une petite barbe de plusieurs semaine, une chemise d'un vert médicale attachée d'un seul bouton, laissant découvrir son torse maigrichon, avec autour du coup, une simple cravate noire détachée, puis un jean totalement troué. Il empestait. Pire que ça, on aurait pu croire qu'il sortait d'une porcherie. Je regardai ce grand homme debout devant mes pieds, qui me lançait des regards fiers et malsain. Étrangement, je ne me suis pas sentit en danger avec ce type, peut-être car j'y retrouvait un peu de moi-même en lui. Mon couteau sanglant finit par retourner dans la poche de ma veste, tandis que la pluie coulait le long de ma plaie, amplifiant les picotements sur mon bras. Pourtant, c'était comme si cela ne me faisait plus rien, comme si la douleur m'était devenue familière, normale, voir, agréable. Non je n'étais pas devenu masochiste pour autant, mais c'est comme la clope, une fois commencé on s'y fait et c'est un cercle vicieux.

    « Z'avez d'autres merdes à m'dire ? Si non, vous pouvez vous tirer. »
    « Hahahahaha ! Oh non mon p'tit gars, me dis pas que tu essayais d'me faire peur ! Haha, j'en ai mal au ventre... Hmphr... »

    Me lança-t-il en s'esclaffant de rire sous mon nez. Je me levais d'un pas agressif le fixant dans les yeux en fronçant mes sourcils, serrant mes poings. J'étais frustré, je n'avais plus aucune envie de me laisser marcher sur les pieds.

    « Roh mais faut pas te fâcher gamin. Tiens, prends ça, ça t'apaisera ! »

    Puis l'étrange individu m'invita à prendre une cigarette, qui n'en était pas vraiment une car on y retrouvait à l'intérieur de la drogue. Je le savais déjà, j'avais bien vu que ce n'était pas que de la nicotine. Hésitant longuement, je saisis ce truc et l'approcha entre mes lèvres alors que l'homme l'allumait à l'aide de son briquet, et en fit de même avec son shit à lui. Je sentis alors d'étranges sensations me parcourir, remontant jusqu'à ma tête, traversant le long de mon corps. Je me sentais... Étrangement bien. Sans doute l'effet de la drogue.

    « C'est bien, c'est bien... »

    L'inconnu fit un rire gras avant de tousser, à la limite de cracher ses poumons. Ce n'était sûrement pas la première fois qu'il en prenait lui. 
    Au fil que les minutes défilèrent, je finis par en apprendre de plus en plus sur ce type qui m'avait interpellé. Lui, c'était Kotetsu Satô, sa femme l'a foutu dehors il y a de ça dix ans. Il s'était alors retrouvé comme un pauvre SDF errant, mais avait prit goût à cette vie sans luxe, se tapant des prostituées assez souvent dans la semaine, gagnant sa vie en vendant de la drogue et alcool, se pourrissait la santé à longueur de journée. En bref, un type malsain. On aurait pu croire qu'il faisait partit d'un gang, mais il était en fait un mec plutôt solitaire, indépendant, qui prétendait ne jamais avoir eu besoin de qui que ce soit.
    Je m'étais pris d'admiration devant Kotetsu, et il m'accompagnait pour savoir comment BIEN vivre, même sans chez soi, sans famille, sans argent, sans rien, savoir profiter de la vie et de sa liberté, sans me soucier des limites imposées par la société d'aujourd'hui.

    Petit à petit, je finissais par apprécier chaque clope, chaque drogue, chaque alcool que je prenais et Kotetsu se servait de moi pour échanger drogues dures et douces, et l'on partageait le fric. Il m'apprenait aussi à me battre, et je participai souvent à des histoires de bagarres entre gangs où je me retrouvait souvent en tant que cible. Je n'étais pas surhumain, il n'était pas impossible que je me retrouve sérieusement amoché avec des os cassés, mais les autres fois où je me surpassais, j'étais à deux doigts de donner la mort au type qui était sous l'emprise de ma force.

    Je suis devenu un bien beau connard au fil du temps, et j'en suis très fier. Pire que ça, je m'aime ! Pour la première fois de ma vie j'avais une p*tain de confiance en moi et j'me sentais enfin prêt à me surpasser, j'étais... Sans limites ! Même les flics qui nous courraient après avait pas le cul pour me retrouver, me foutre en taule ou alors me ramener chez mes vieux. Au choix, je choisis la taule. 
    J'avais finis par me faire un nom et un certain respect dans le monde de la délinquance et souvent on entendit parler de moi, Dex. 
    La seule chose qui permettait de me reconnaître, c'était sûrement grâce au port d'un masque à gaz ou d'un masque médical. Du coup, lorsqu'on oubliait mon prénom, on utilise « le mec avec le masque », et ça passe. Car si je ne le porte pas, je me fond trop dans la masse de la ville et ses habitants, et le danger est une vraie source de plaisir... L'adrénaline, c'est si bon. Si bon de se retrouver entouré de types qui veulent votre peau, ah si vous saviez !

    « Hey fils de p*te ! »

    Fit une voix sur ma droite tandis que je marchais sereinement dans le parc de Seika. Je lançais un bref regard sur le gars qui m'avait interpellé, et je continuais ma promenade, l'ignorant totalement, rien que pour le frustrer.

    « T'as buté mes gars, espèce d'enfoiré... »

    Puis soudainement, un vague souvenir me revint. Je me stoppa alors, net, souriant fièrement malgré le fait qu'il ne puisse rien y voir avec mon masque.

    « Ah oui ? J'en bute tellement des looseurs comme toi que je ne me rappelle plus forcément des quels tu parles. »

    D'un pas ingrat il s'approcha de moi, me saisissant par le col en me secouant une, puis deux fois, me crachant en visage. Je restais neutre, ce genre de provocation ne marchait plus sur moi. Ce gars là, aussi américain à en juger par son accent, sa peau noire, ses muscles et sa taille impressionnante, tentait de me faire peur. Mais c'est peine perdue, hmph.

    « Ne te fous pas de ma gueule, t'as emporté ma meuf avec toi espèce de... »
    « ... Ah mais oui, c'est bien sûûûr ! La grande brune avec le postérieur énorme et en mini-short là ? Ouaiiiis je m'souviens ! Quand j'l'ai ramené chez moi, bordel, quelle sauvage, si tu savais le nombre de fois où elle a atteint le Septième Ciel...»

    Le type me regardait, serrant le poing et m'en colla une à la figure, me plaquant au sol et continuant de m'achever alors que moi je ne me débattais pas malgré les coups, attendant le bon moment pour attaquer. C'est lorsque l'alarme de flics retentit une rue plus loin qu'il fut déstabilisé, apeuré. Il se souleva de moi même, regardant à droite et à gauche, oubliant presque qu'il était à califourchon sur moi et... Bam, un bon coup dans les parties.

    C'était plus ou moins ainsi que ma vie se déroulait chaque jours, même si l'on retrouvait le calme après la tempête. Je n'avais aucune honte à avoir des histoires d'un soir avec des filles, et Kotetsu m'avait souvent encouragé à le faire, rien que pour le plaisir. J'y avais prit goût, à être une véritable ordure... !

    CHAPITRE V ▬ La violence engendre la violence.

    C'était beau, la liberté. Un moyen pour un humain pour se sentir vivant. Au diable les règles et les conditions, la drogue, l'alcool et la violence, c'est tellement mieux que tout ça ! 
    J'ai pas d'argent, plus de famille, plus de maison « officielle », mais je suis l'homme le plus heureux du monde. J'avais la ville à moi, rien qu'à moi ! Je vis le jour et la nuit, je dors n'importe où, n'importe quand, je fume et bois ce que je voulais, autant que j'en ai envie, jusqu'à ne plus en pouvoir, je sors avec autant de filles en même temps sans être effrayé du regard des autres.
    Mon quotidien se résumait à des choses plus ou moins indécentes, où mon ami Kotetsu m'accompagnait dans chacun de mes faits et gestes. Il était devenu comme un frère pour moi, voir un second père. Ou bien même mon professeur personnel. Oui, il m'apprenait à m'amuser et à me sentir libre, en faisant du mot « routine » des cendres.

    Si je devais faire un court résumé de mes journées, je dirais que je ne dors qu'entre 8 et 9h du matin, et je passe le plus clair de mon temps à traîner en ville, soit à la recherche d'une nouvelle aventure avec une demoiselle que je quitterais au bout d'une nuit, ou alors à chercher la merde avec un autre type, histoire de pimenter un peu cette foutue après-midi. Par la suite, je passe mes soirées et nuits dans des coins malfamés, dans des bars ou alors à me défoncer accompagné de Kotetsu dans des endroits encore une fois à mauvaise réputation.
    Contrairement à ce que vous pouvez penser, c'est loin d'être monotone, répétitif, même si le plan reste plus ou moins le même. Ce qui change, voyez-vous, ce sont les gens. Les nanas que je me tape, les types que je défigure, les drogues qui ne me font jamais le même effet ainsi que l'alcool et autres choses illicites. Il est vrai que jusque là j'avais arrêté de me mutiler, me scarifier car j'avais peur de m'en prendre une par Kote' si je recommençais.. Mais je dois avouer que l'envie y était, et que j'avais une forte tendance de partir dans une longue dépression lorsque je me retrouvai seul. J'ignore pourquoi cependant.. Peut-être un certain manque affectif. Besoin de quelqu'un. Une personne qui saurait prendre aussi bien soin de moi que l'on fait mes parents. Kotetsu était là, oui, mais il ne m'apprenait pas vraiment à vivre correctement. Il m'a rendu dépendant d'un tas de merde. Certes, je suis encore très loin de regretter chaque choses que j'ai prise, mais je ne pouvais cesser de me demander ce qu'aurait été ma vie si j'étais resté vivre avec ma famille, si j'avais pas commencé la drogue, le shit, l'alcool et tout ça. 
    Je pense que j'en aurais perdu la boule, mais qu'au final j'aurais appris à faire avec. Il est clair que je serais devenue médecin avec les encouragements de mon père. Ainsi, j'aurai vécu loin du domaine artistique qui m'a tellement dégouté... Peut-être qu'à l'heure qui l'est, je serais assis derrière un bureau, éclairé par une faible lampe, plongé dans mon boulot pour réussir au mieux mes études et faire la fierté de mon cher père.

    Enfin bref, on s'en fout.

    __________________________

    « Hey, Dex.. »

    Je me retourna alors vers mon ami Kotetsu, regardant alors son air semblant si sérieux et si mature comparé au sourire abruti qu'il arbore la plupart du temps. Il avait l'air si... Troublé, dérangé, frustré ? Je ne saurai que dire, je n'ai jamais eu l'habitude de voir ce genre d'expression sur le visage de mon compagnon de conneries. 
    Nous marchions en ville à la recherche d'une occupation. C'était une journée calme de printemps, il faisait chaud, très chaud.

    « Ouaip ? »
    « J'arrête tout. »

    Chaque membres de mon corps venaient de se figer soudainement, comme si un sort venait de tomber sur moi et que de la pierre entourait mes jambes et mes bras, m'incitant à rester là, planté au milieu de la grande rue, les passants me bousculant car je leur gênais le passage. Je les ignorais. La seule chose qui me tracassais fut les mots prononcés par mon ami.
    Je restai alors là, la bouche grande ouverte à le regarder. Kotetsu lui, restait le regard fixe en coin, allumant alors une cigarette avant d'approcher celle-ci à sa bouche et d'en tirer un coup, soufflant sa fumée par le nez d'une grande expiration.

    « J'crois que j'ai pas bien compris.. Comment ça t'arrêtes tout ? Qu'est-ce que ça veut dire c'bordel ? »
    « J'arrête, y a pas plus simple que ça. J'suis vieux mon gars, j'ai plus la folie de la jeunesse. Et je n'ai plus la force de continuer à vivre dans le risque, à me cacher des flics et de toutes les merdes de la vie. J'veux retrouver une vie normale, tu vois ? »

    Dit-il alors le plus sainement du monde. Soudain, je me mis alors à le saisir par les épaules, lui adressant une secousse, puis deux, mes bras tremblants sous un sentiment de frustration et d'une certaine colère. J'avais l'impression d'être abandonné, que j'allais me retrouver encore une fois dans la solitude.

    « Putain non !! T'as pas le droit de me faire ça ! Attends... C'est toi qui m'a fait devenir c'que j'suis maintenant, tu peux pas t'arrêter là ! »
    « Il arrivera un jour où toi aussi ça t'arrivera Dexter, pauvre idiot ! »

    S'écria Kotetsu d'un ton on ne plus sérieux, presque sévère et froid. Jamais je n'eus l'occasion de le voir ainsi, c'était bien la première fois en je ne sais combien d'année qu'il eut prit ce ton si adulte.
    Mes bras tombèrent alors le long de mon corps et je ne cessais de le regarder. J'en avais les larmes aux yeux presque, il faut dire que j'étais assez sensible de perdre quelqu'un qui m'eut tant apporté.

    Kotetsu soupira, puis finit par croiser son regard avec le mien, avant d'enchaîner :

    « Oui, il arrivera un jour où tu te diras 'stop'. Stop, j'en ai marre de tout ça. Je suis plus un gamin, j'ai plus la force de fuir mes problèmes, il faut que j'y fasse face. Je veux me stabiliser avec une femme, je veux avoir des enfants, avoir un vrai boulot, avoir... Une vie... Normale... Avec des défauts... Et des tas de qualités. Tu sais, quand Mayoko m'a largué, je ne voulais plus y croire, à la vie. Mais pourtant, à force de voir chaque personne qui nous entoure sourire à la vie, voir chaque personne qui nous entoure tenir la main à quelqu'un et savoir apprécier chaque petits moments aussi purs sont-ils, on a envie d'essayer, de se dire que ça ne peut pas être plus mal d'être dans une cage en or. Toi et moi, nous sommes des oiseaux, des oiseaux voraces. On se bat pour ne pas être dompter mais il arrive que la liberté elle-même se retourne contre nous et nous dis 'Arrêtes, le jeu est terminé'. On finit alors par se faire domestiquer par la société, et on aime ça, au final. On vit tranquillement dans notre petit cocon, sans se soucier du lendemain, sans cette peur constante de finir derrière des barreaux à faire des travaux forcés, dans un endroit où toute liberté est supprimée... Tu comprendras cela un jour, toi aussi. Tu verras, et tu te diras que j'avais pas si tort au final. 
    Oui j't'ai fais découvrir un tas de choses, et j'suis très fier de ce que tu es devenu mon garçon. Mais je serai encore plus fier de toi quand tu arrêteras et que deviendras un véritable adulte.
     »

    Je l'écoutais dans les moindres détails, restant d'un silence sans failles à chacun d'eux. Putain, qu'est-ce que j'avais la haine. Je ne voulais qu'une chose : le buter. Voir sa tête pleine de sang, le frapper à mort pour le faire regretter de m'abandonner ainsi. Pourtant, je ne fis rien de tout ça. Je ne voulais pas partir de la même façon que je l'avais fait avec ma mère, même si elle, je m'en foutais pas mal en réalité. Je lui fis un signe de tête, signifiant « Bien, j'ai compris, adieu », retourna mes talons et reprit ma propre direction, métaphore que je prenais mon propre chemin, que ma propre vie de solitaire allait enfin commencé...

    Quelques mois alors que je n'étais plus sous l'aile de Kotetsu, je n'avais aucune nouvelles de lui depuis nos adieux, et je refusais de reprendre tout contact avec cette personne qui était devenue pour moi, comme les autres. Il n'avait plus aucune importance à mes yeux, plus aucun intérêt, il ne valait même pas mon attention.
    J'avais repris la mutilation à tout va, mes bras étaient emplis de cicatrices en tout genre, chacune étant plus profondes que les autres, laissant de douloureuses traces sur mon épiderme. Il y en avait sur mes bras, mes cuisses, même mon ventre. Je ne sais pas ce qu'il se passait réellement à l'intérieur de mon esprit. Je ne voulais pas mourir, mais j'avais envie de encore plus de sensations, de encore plus de douleur... Je ne cherchais pas alors à prendre contact avec les gens autour de moi, j'évitais chaque humain que je croisais...
    Mais un soir, tout bouscula contre mon gré..

    __________________________

    Nous étions à la mi-automne, en pleine ville, sous l'éclair de la demie-Lune. Je marchais alors, sans vain, à la recherche qu'une quelconque occupation, d'un éventuel pub. Pourtant, ce soir, que dalle. Je n'avais aucune envie de me saouler, de me droguer, je voulais m'amuser... D'une autre façon.

    Dans une petite rue discrète en plein centre ville, éclairée par deux trois lampadaires par-ci et par-là, j'avançais à la recherche d'une proie, tel un tigre qui guette son festin. Et mon festin, ce soir, c'était une douce jeune fille, d'environ 16 ans, ni plus ni moins. De longs cheveux noirs descendant en cascade le long de son frêle petit corps, de grands yeux d'un bleus profonds et des lèvres très fines s'accordant parfaitement aux traits de son visage. 
    Elle marchait du haut de ses talons, ses hanches se balançant inconsciemment. Je la croisais alors au centre de la ruelle et la regardait tandis qu'elle passait à côté de moi, faisant mine de ne pas me voir et continuant son chemin. Ce soir là, elle aurait pu rentrer chez elle normalement, se poser dans sa chambre, son portable en main, la télé allumé à songer à ses petites histoires d'adolescentes, passer à table auprès de sa famille, puis aller se coucher avant de retourner en cours le lendemain matin. Elle aurait pu. Mais elle a croiser ma route, dommage.

    Je me retournai alors avant de la saisir par les épaules et la plaquer contre le mur de pierre. Elle se débattait, elle tentait de crier mais je ne lui avais pas laisser l'occasion en écrasant ma main contre sa bouche. Je lui donnais alors un coup violent sur sa nuque, histoire qu'elle reste inconsciente un petit moment. Quand elle ouvrit les yeux, elle était chez moi, allongé sur le sol tel une vulgaire poupée pour enfant. Pourtant, mon regard lui n'était pas enfantin. C'était le regard d'une bête humaine. Un homme prêt à tout pour son orgueil.
    Pendant un très long instant alors j'avais abusé d'elle après avoir finit par faire possession de son corps, et j'y prenais mon pied, y a pas à dire. La fille, elle était épuisée. Les larmes coulaient sans cesse le long de son visage, et elle ne cessait de murmure, essoufflée : « Arrêtes, arrêtes, arrêtes... »
    Ces mots résonnaient en moi, et mon fort intérieur me répétait la même chose : « Arrêtes, arrêtes, arrêtes... » Mais mon corps avait prit possession de l'esprit et je devenais fou, fou de ce plaisir de se sentir uni de force à une fille que je n'avais jamais vu de ma vie mais qui se trouvait aussi belle que désirable. Je suis certain que plus d'un aurait aimé être à ma place...
    J'avais passé une longue partie de la nuit à m'amuser avec le corps de ce jouet vivant, sans penser aux conséquences... Autant pour elle que pour moi.

    Au final, après l'acte, j'avais finis par aller me recroqueviller dans ma chambre (Oui, j'ai eu le droit de vivre dans un vieux taudis tout pourri qui me sert d'appart') et penser à ma connerie, laissant l'adolescente s'enfuir.
    Bordel de merde, j'avais violé une fille... Non, c'est pas possible, j'ai pas pu faire ça... Et en plus... Le pire dans tout ça... C'est sûrement que j'ai apprécié.

    Pourtant, je n'eus jamais de problèmes réels par la suite, elle n'avait sans doute pas alerté la police par peur, à peine en aurait-elle parlé à ses parents... Je ne pouvais pas rester ici une minute de plus. Dans un élan de folie, je pris mes jambes à mon cou et me réfugia à Hōki. Mon tout dernier espoir de reprendre une vie normale.

    Au fond, malgré les cicatrices dessiner au couteau sur mon corps, il faut croire que trois resterons gravées sur mon cœur. Ma fugue, le départ de Kotetsu, et ce viol.



Prénom :Call me Dex.
Âge : Bientôt 17 ans.
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Yûji Seto
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MessageSujet: Re: « Le désir de dominer est une passion dévorante qui étouffe tout sentiment. » ▬ Dexter K. O'Lloyd   Mar 13 Nov - 17:23

Bon, j'en ai bouffé pour lire cette sublime chose, mais... Je ne vois même pas quoi dire tellement tu as tout expliqué de façon précise. J'en reste limite bouche bée.

Bienvenu à toi Dexter. Certains membres ici sont fous alors fait bien attention.
Hahaha ~

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« Le désir de dominer est une passion dévorante qui étouffe tout sentiment. » ▬ Dexter K. O'Lloyd

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